Vers une révolution comme en 1848 ?

Vers une révolution comme en 1848 ?
08 décembre 2025

Vers une révolution comme en 1848 ?

Bonjour à tous,

L’association APROFED revient vers vous cette semaine suite au retour du leader du FLNKS en Calédonie qui a menacé d’exercer son droit à l’autodétermination de façon unilatéral en cas d’échec du dialogue lors du congrès du FLNKS sur la commune de Ponérihouen (cf. Le retour discret mais très radical de Christian Tein en Nouvelle-Calédonie).

L’association s’interroge comme en août dernier (cf. Se dirige-t-on vers un printemps kanak? – APROFED) afin de savoir si le territoire après l’insurrection de mai 2024 ne se dirigerait-il pas vers cette fois-ci une révolution, armée ou pacifique, étape malheureusement obligatoire en vue d’accéder à l’indépendance.

A l’instar des printemps arabes en 2010, la situation de la Nouvelle-Calédonie peut également s’apparenter à la révolution de 1848 en France et en Europe, dénommée «printemps des peuples».

Au niveau politique, celle-ci avait pour objectif :

– une volonté de plus de liberté, ce que réclame une grande partie des calédoniens, mais également ultramarins et métropolitains avec une demande de plus d’autonomie vis-à-vis du pouvoir central,

– une opposition au régime autoritaire et monarchique, à l’égard ici de Louis Philippe pour la période, et plus proche de nous du gouvernement central et de son régime semi-présidentiel que beaucoup qualifie de monarchie républicaine,

– une montée du nationalisme avec des peuples soumis réclamant par exemple l’indépendance, ce que porte aujourd’hui le FLNKS.

Au niveau socio-économique, les causes de cette révolution se retrouvent dans :

– les inégalités fortes entre divers segments de la population,

– l’existence d’une pauvreté forte notamment dans les villes,

– la présence d’un chômage massif lié à une crise industrielle, notamment métallurgique,

– et un mécontentement général face à l’instabilité économique.

Les ouvriers métallurgistes feront parti des noyaux forts de la contestation sociale.

Si dans beaucoup de pays européens, la répression mate les demandes de changement, notamment d’indépendance nationaliste. En France, la révolution de 1848 aboutit à la chute du roi et l’instauration de la 2e république. Le secteur de la métallurgie se modernise préparant la France à la révolution industrielle du Second Empire sous Napoléon III. Au niveau social, apparaisse les prémices du syndicalisme, des mutuels, la journée de travail réduite à 10h à Paris, l’instauration du suffrage universel (bien qu’encore limité qu’aux hommes), …

Débuté le 24 février 1848, le soulèvement populaire à Paris verra en 2 jours l’abdication du roi ainsi que la formation d’un gouvernement provisoire et la proclamation officielle par ce dernier de la Seconde République. Il faudra attendre 9 mois pour que celle-ci accouche d’une Constitution et d’un premier président élu au suffrage universel en décembre 1848.

Lors de son discours de Ponérihouen, le président du FLNKS aurait refait allusion à une potentiel déclaration unilatérale d’indépendance. Or, il convient de rappeler ici que selon la Cour internationale de Justice, dans un avis consultatif de 2010, ce type de déclaration ne serait pas illégale au regard du droit international (cf. Déclaration unilatérale d’indépendance – Wikipédia).

Toutefois, comme nous démontre certains exemples proches géographiquement de la Nouvelle-Calédonie ayant mises en œuvre ce procédé que celui-ci n’aboutit pas toujours à l’effet escompté. Le cas de la Papouasie occidentale vis-à-vis de l’Indonésie et le cas de l’île de Bougainville par rapport à la Papouasie Nouvelle-Guinée en sont 2 exemples marquants.

Il est cependant intéressant de noter que l’État français bien qu’opposé à ce type de procédé pour la Nouvelle-Calédonie, s’apprête à accueillir ce 14 décembre 2025 à Paris, le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) et le gouvernement provisoire kabyle en exil qui souhaitent annoncé la déclaration unilatéral de la Kabylie vis-à-vis de l’Algérie (cf. Kabylie : Déclaration d’Indépendance à Paris le 14 Décembre). Bien qu’aucun Etat ne s’est dit prêt à reconnaître un éventuel Etat Kabyle, il est fort à parier que cela n’améliore pas les relations entre l’Algérie et son ancienne puissance administrante coloniale.

En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.

L’association APROFED