Se dirige-t-on vers un printemps kanak?
Bonjour à tous,
L’association APROFED revient vers vous cette semaine suite au rejet du projet d’accord de Bougival par le FLNKS préférant celui de kanaky à mettre en œuvre d’ici le 24 septembre 2025.
Si certains estiment que cette manœuvre consiste en un moyen de pression sur l’Etat afin que celui-ci concède plus de compétences au territoire que ce qui est proposé pour l’heure au sein du projet d’accord, d’autres semblent penser que nous sommes peut-être à la veille d’un printemps kanak à l’instar des printemps arabes qu’on pu connaître les pays du Maghreb, du Proche et Moyen Orient.
Pour rappel, l’expression « Printemps arabe » faisant référence au « Printemps des Peuples » qu’on connu les pays européens en 1848, est un ensemble de contestations populaires qui se sont produites dans de nombreux pays du monde arabe à partir de 2010.
D’ampleurs et d’intensités variables, ces mouvements nationaux ont été qualifier de réveil, de révoltes voir même de révolutions arabes (cf. Printemps arabe — Wikipédia).
Outre le départ des dictateurs, les principales causes de ces mouvements à forte dimension sociale sont le manque de libertés individuelles et publiques, la corruption, le chômage, la misère, le coût de la vie élevé ainsi qu’un besoin de démocratie qui ne soit pas une simple façade. La chute des matières premières produites (comme pour le Nickel en NC), la hausse du prix de l’alimentation, la baisse des revenus issu du tourisme, la hausse de la démographie, la faiblesse de la production agricole et la hausse du prix des denrées alimentaires importés amènent les manifestants a exiger un meilleur partage des richesses, de meilleurs conditions de vie, d’emplois et de dignité, ce qui se retrouve dans les fondements de la lutte du peuple kanak comme nous le démontre David Chappell dans son ouvrage : Le réveil Kanak (cf. Proposition d’ouvrage à lire : Le réveil Kanak de David Chappell – APROFED)
Si un grand nombre de ces révolutions aboutirent dans les 2 à 3 années qui suivirent aux départs de nombreux dirigeants et à des réformes pour certains de ce pays, pour d’autres où l’Etat préféra l’usage de la force finirent en guerre civile comme en Syrie, Lybie, …
Or comme l’explique Katherine Seymor dans son article intitulé Le cycle de la dépendance, où elle présente les 4 étapes vers l’autonomie, dans son travail d’accompagnement des femmes dans le cadre de leurs relations de couple (cf. Cycle de la Dépendance et ses 4 étapes Vers l’Autonomie), il est possible de constater qu’afin de se libérer de la dépendance et de l’oppression et afin d’atteindre l’interdépendance et la libération, il est nécessaire de passer par une phase de révolution ou contre-dépendance et d’indépendance ou séparation. Ce type de cycle prévaut également dans les relations de groupes et de société.
Comme déjà mentionné dans plusieurs de ses articles (cf. Vers une déclaration unilatérale d’indépendance ? – APROFED ; Ni Etat-associé, Ni Etat confédéré, L’Etat français a dit “non” – APROFED), l’association s’interroge dès lors de savoir si après l’insurrection de mai 2024, le territoire ne se dirigerait pas vers une révolution même pacifique.
Il convient de rappeler que lors des printemps arabes, les jeunes (15-29 ans) ont été le moteur principal des révolutions. Leur sous-emploi étant à la racine de ces révoltes.
Si durant les évènements des années 1980, les indépendantistes avaient annoncés une déclaration unilatérale d’indépendance avec la mise en place d’un drapeau, d’un gouvernement provisoire, l’élaboration d’une Constitution pour le pays, … qui s’avérèrent plus symboliques qu’autres choses, il se pourrait qu’aujourd’hui ceux-ci soient tenter de transformer ces symboles d’hier en actions concrètes sur le terrain.
En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.
L’association APROFED
