Proudhon : de l’anarchisme au fédéralisme
Bonjour à tous,
L’association APROFED revient à nouveau vers vous cette semaine afin de vous présenter cette fois-ci Pierre Joseph Proudhon, journaliste, économiste, sociologue, philosophe et homme politique français du 19e siècle (cf. Pierre-Joseph Proudhon — Wikipédia).
Considéré comme le père de l’anarchisme moderne, il s’oppose dès 1840 à l’État centralisé, à l’autorité imposé et aux structures hiérarchiques. Pour lui, l’ordre social doit reposer sur des relations libres et contractuelles entre individus ou groupes.
Néanmoins, 10 ans plus tard, il développe une pensée fédéraliste et explique même comment dans une lettre comme l’anarchisme l’a conduit au fédéralisme : « Pour ne vous citer qu’un exemple de cette méthode, je vous ferai remarquer en passant que si, en 1840, j’ai débuté par l’anarchie, conclusion de ma critique de l’idée gouvernementale, c’est que je devais finir par la fédération, base nécessaire du droit des gens européens et, plus tard, de l’organisation de tous les États. »
En 1863, il même défend une organisation sociale et politique basée sur des fédérations de communes ou d’associations, autonomes mais liées par des pactes mutuels, dans un ouvrage intitulé : Du principe fédératif.
Il devient dès lors l’un des premiers théoriciens du fédéralisme de son temps. Son fédéralisme n’est pas un simple découpage administratif : c’est une forme d’organisation politique anti-étatique, où le pouvoir est décentralisé jusqu’à disparaître au profit de l’autonomie collective. Tout en rejetant l’État, l’autorité centralisée, la hiérarchie imposée, il propose une organisation de la société par la libre association d’entités autonomes, sans autorité centrale.
Son influence est telle au sein des courants anarchistes et libertaires qu’il inspirera des hommes comme Mikhaïl Bakounine ou Pierre Kropotkine qui adopteront également le fédéralisme à leurs idées révolutionnaires, insurrectionnelles, socialistes et communistes, pour lesquels la société peut s’organiser elle-même sans Etat, en fédérations de communes et de travailleurs tout en mettant en commun les ressources.
La pensée de Proudhon inspirera également le municipalisme libertaire au XXe siècle édictée par Murray Bookchin, qui reprend les théories de Proudhon avec des communes autonomes reliées en confédérations, gouvernées par des assemblées citoyennes, en insistant plus sur la démocratie directe et l’écologie.
Le Rojava, mouvement kurde situé dans le Nord de la Syrie, applique actuellement en partie ces idées.
De ce désir au départ de liberté, le fédéralisme est apparu là encore aux yeux d’un français reconnu par la suite au niveau mondial comme l’une des seules solutions en vue d’organiser les sociétés.
L’association APROFED
