Pour une nouvelle devise ?
Bonjour à tous,
L’association APROFED revient vers vous en cette nouvelle année dans la continuité de son dernier article (cf. Pour un nouvel hymne ? – APROFED) visant à s’interroger sur les signes identitaires existants et la nécessité de les reformuler au vu des évènements de 2024 et du contexte actuel.
Cette semaine, nous revenons donc cette fois-ci sur la devise du pays : terre de parole, terre de partage (cf. Terre de parole, Terre de partage — Wikipédia).
Si tout comme l’hymne calédonien, la devise du pays fut avalisée par le Conseil économique et social calédonien, le Conseil d’État, le Congrès de la Nouvelle-Calédonie à l’unanimité, pour être ainsi adopté par le gouvernement collégial du territoire dès 2008, il n’en demeure pas moins que celle-ci fut critiqué car crée par une personne non originaire de Calédonie.
Si pour son auteur l’universitaire Jean-Brice Herrenschmidt, la devise était une invitation à l’échange culturel et au partage des richesses. « Elle ne doit pas rester un vœu pieux, mais une parole qui engage », a souligné Rock Wamytan (FLNKS), l’un des signataires de l’accord de Nouméa (cf. La Nouvelle-Calédonie se dote d’un hymne et d’une devise).
Or, s’il est possible de constater au sein de la population l’application au quotidien de cette devise malgré les difficultés, les évènements de 2024 ont démontré qu’il en était tout autrement parmi les représentants politiques. La parfaite illustration de cela étant le « check », poing contre poing (cf. Accord Nouvelle-Calédonie : les grandes lignes de l’accord historique signé ce 12 juillet à Bougival) entre les députés non indépendantiste Nicolas Metzdorf et son homologue indépendantiste Emmanuel Tjibaou à l’issu de la rencontre de Bougival dénotant avec la poignée de main 40 ans en arrière de Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur pour mettre fin au conflit des années 80 ; poignée de main symbolique qui sera immortalisée par une statut de bronze au centre de la ville de Nouméa, en la place dite de la paix (cf. Accords de Matignon: la poignée de main doublement célébrée place des Cocotiers).
La devise ayant été pour certains sacrément abîmée en 2024 par les violences liées à l’insurrection (cf. L’hymne calédonien et les autres signes identitaires (24 septembre 2025) – Une Khâgne aux antipodes). Au lieu de parler ils ont préféré s’affronter.
C’est pourquoi, l’association propose une nouvelle devise reprenant en partie de celle de l’Union Calédonienne (2 couleurs, 1 seul peuple) qui serait : « Un pays, un peuple, un destin commun », afin de renouer avec l’espoir émis par les accords de Matignon et de Nouméa qui semble aujourd’hui éteint, fragmenté, perdue pour certains (cf. Politique Nouvelle-Calédonie : Terre de la Parole perdue – Alexandre Rosada).
Si nous avons l’habitude de signer parfois nos articles par la devise : l’unité dans la diversité, qui constitue la base du concept fédéral, il est à noter que celle-ci est déjà la devise de plusieurs Etats au niveau mondial comme la Papouasie Nouvelle-Guinée, l’Indonésie, l’Afrique du Sud ou bien encore l’Union Européenne (cf. Liste des devises nationales — Wikipédia).
En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.
L’association APROFED
