Pour un nouvel hymne ?
Bonjour à tous,
L’association APROFED revient vers vous en cette dernière semaine de l’année 2025 dans la continuité de ces 3 précédents articles sur les signes identitaires du pays en date :
– du 27 février 2025 concernant le nom du pays (cf. Un accord pour un Etat fédéré de Kalédony – APROFED),
– du 03 mars relatif au drapeau (cf. Proposition d’un drapeau commun – APROFED),
– et du 21 avril sur le principe du pays (cf. « Respect, Equité, Solidarité » – APROFED),
afin cette fois-ci de s’interroger sur l’éventualité d’un nouvel hymne pour la Nouvelle-Calédonie ; celui existant à l’heure actuelle étant très peu utilisé et connu de la population locale elle-même. L’hymne ne dépassant pas les 60 000 vues sur des sites comme Youtube pour une population calédonienne de près de 270 000 habitants.
En effet, l’hymne calédonien « Soyons unis, devenons frères » (cf. Anthem of New Caledonia – Soyons unis, devenons frères ) composé par la chorale du territoire Mélodia, bien qu’ayant reçu l’agrément du Conseil d’État et l’unanimité des membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie en 2010, se voient ainsi adopté avec cependant certaines réserves émises par la plupart des élus quant aux paroles. Le président de la Commission spéciale des signes identitaires du Congrès, Jean-Pierre Djaïwé, rappelant à cette occasion que des modifications pourront dans le temps être effectuées par le gouvernement (cf. Soyons unis, devenons frères — Wikipédia).
De nombreuses critiques ayant été apportés non seulement du côté non indépendantistes qui estimaient que ce texte n’entraîne une stigmatisation des citoyens calédoniens non natifs du pays. La mention des 3 provinces, collectivités pouvant éventuellement disparaître en fonction de l’évolution institutionnelle du pays fit également débat. Du côté indépendantiste, la non mention plus nette à l’histoire du pays, le manque de référence à l’identité kanak et la préférence pour d’autres signes identitaires constituèrent les principales critiques amenant certains à s’abstenir lors du vote d’adoption au Congrès.
Peu connu du peuple calédonien qui ne se l’est pas approprié, il est rarement enseigné dans les écoles et son apprentissage se limite bien souvent au refrain en français. Pas ou peu audible en Nouvelle-Calédonie, il semble paradoxalement plus souvent interprété à l’extérieur du pays que localement, notamment lors d’événements sportifs internationaux (ce qui n’est pas sans générer quelques confusions) (cf. Heeun-kot, « chanter ensemble » : un hymne sur air de « destin commun » pour la Nouvelle-Calédonie ?).
Les commissions calédoniennes de l’Enseignement, de l’Éducation, du Travail et de la Formation, ainsi que celle de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, plus frileuses, ont même émises un avis contraire à ce que les paroles soient affichées dans les salles de classe de tous les établissements scolaires du pays.
Le directeur artistique de la chorale Mélodia à l’origine de l’hymne dénonçant même le manque de soutien de la part des autorités pour le promouvoir. Certains élus ne connaissant même pas l’hymne.
Si les Calédoniens n’ont pas fait leur cet hymne, c’est surtout parce que la démarche demeure éminemment politique. Pour les partisans de la Nouvelle-Calédonie dans la France, il n’y a d’hymne que La Marseillaise. Pour les partisans de la Kanaky indépendante, il ne pourra y avoir d’hymne que lorsqu’il y aura État souverain (cf. Heeun-kot, « chanter ensemble » : un hymne sur air de « destin commun » pour la Nouvelle-Calédonie ?).
L’association note cependant certains projets intéressants depuis comme :
– le titre « Soleil » de l’artiste Grégoire repris en septembre 2024, 4 mois après le début de l’insurrection, par les enfants d’une école primaire locale et qui a fait plus de 200 000 vues sur le net (cf. VIDEO. « On a tous le même soleil » : quand une reprise d’écoliers de Nouvelle-Calédonie émeut la toile)
– le titre « Oui ma belle Kanaky » de Hyarison datant de 2020 qui fait plus de 2 millions de vues sur la toile (cf. HYARISON – OUI, MA BELLE KANAKY)
– le titre « Avec toi » du groupe Nodeak datant également de 2020 (cf. NODEAK – AVEC TOI),
– le titre « Makukuti Kanaky » de Djo Bnca de 2024 faisant près de 3 millions de vues, considéré comme l’hymne de la lutte pour Kanaky, à l’instar de la Marseillaise pour les français,
– ou bien encore le titre « Oh Kanaky, terre promise » du groupe IA Kanaky, datant de 2025 qui a pour vocation a être une reprise de la Marseillaise adaptée au contexte du territoire (cf. Ô Kanaky, terre promise – 7 – (psychadelic, hip hop)). Avec l’aide de l’IA, le groupe propose cette chanson sous plusieurs rythmes différents et en plusieurs langues (anglais, corse, créole, …).
En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.
Et en vous souhaitant de bonnes fêtes de fin d’année et à l’année prochaine.
L’association APROFED
