Partager la souveraineté n’est jamais populaire. Cela exige du courage politique : celui du révolutionnaire
Dans un monde où le droit cède le terrain aux rapports de force, les citoyens attendent d’abord de l’Europe qu’elle les protège. Il ne s’agit pas de bâtir un « super-État » centralisateur, épouvantail commode des nationalistes, mais de faire de l’Europe une puissance, démocratiquement légitime, capable de défendre ses intérêts et ses valeurs. Le véritable choix de la décennie se fera entre l’Europe fédérale, capable d’agir, et l’Europe intergouvernementale, condamnée à subir les décisions de Washington, Moscou ou Pékin, mais aussi les crises énergétique, climatique et numérique. Former autour d’un noyau d’États une union économique, technologique et écologique plus intégrée permettrait ainsi d’achever l’union des marchés de capitaux, investir massivement et de façon coordonnée. Or une puissance européenne suppose ces trois dimensions : produire ensemble certes, mais aussi agir ensemble et avoir une politique étrangère unie. Pour rappel, l’Union possède déjà des éléments fédéraux : un droit commun, un Parlement élu au suffrage universel, une monnaie unique, une Cour de Justice, … Pour achever une fédération, il faudra une révision des traités, ou bien une assemblée constituante européenne. Les traités actuels permettent déjà d’aller plus loin : abolir le droit de veto, créer des listes transnationales aux élections européennes, revenir au principe d’une Commission resserrée, améliorer la transparence des prises de décision pour les citoyens. La proposition de Gabriel Attal a le mérite de remettre le fédéralisme au cœur du débat présidentiel français. Mais les États-Unis d’Europe ne peuvent se réduire à un fédéralisme partiel, limité à l’économie. Si notre objectif est l’émergence d’une véritable puissance, la diplomatie, la défense et la décision démocratique commune devront suivre.
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Ce ne sont pas les chefs d’État qui feront les États-Unis d’Europe – Telos
