L’exemple de Porto-Rico

L’exemple de Porto-Rico
10 février 2026

L’exemple de Porto-Rico

Bonjour à tous,

L’association APROFED revient vers vous cette semaine suite à la thématique abordée en ce jour dans l‘émission « C pas si loin » sur Porto Rico, intitulé : Porto-Rico, 51e Etat d’Amérique ? (cf. Porto Rico, 51e État d’Amérique ? en replay – C pas si loin | France TV)

Pour rappel, l’association vous remémore ci-après quelqu’un de ces articles ayant fait mention de ce territoire :

Définition d’un Etat-nation non souverain – APROFED ;

La situation de la Nouvelle-Calédonie : un cas isolé ? – APROFED ;

Quelle différence entre un Etat unitaire, composé, associé, fédéral ou régional ? – APROFED ;

Que sera le futur « Etat de Nouvelle-Calédonie » avec l’accord de Bougival ? – APROFED).

Comme mentionné dans les reportages et par les différents intervenants de l’émission, l’île de Porto-Rico est ce qui appelé un « Etat libre associé », statut institutionnel que certains indépendantistes se sont dit intéressés pour la Nouvelle-Calédonie et qui avait d’ailleurs été proposé par l’État et débattu lors du conclave de Deva pour être finalement rejeté par les non indépendantistes, faisant les affaires de la France qui en réalité n’en voulait pas (cf. Le vrai visage de l’État français – APROFED).

Si ce statut est ainsi souhaité par certains en Nouvelle-Calédonie, l’exemple de Porto Rico fait réfléchir à 2 fois à celui-ci dans la mesure où ce territoire bien que ne faisant plus parti des territoires non autonomes à décoloniser de l’Onu de par son statut demeure inféodé dans ces décisions au gouvernement central et congrès américain, à un point tel que certains intervenants la qualifie encore aujourd’hui de « colonie », si ce n’est de « la plus veille colonie au monde ».

Si l’île s’orienta un temps vers l’indépendance, le refus des Etats-Unis et l’assassinat du leader indépendantiste Filiberto Ojada Rios (cf. Porto Rico — Wikipédia) par le FBI en 2005 (cf. Filiberto Ojeda Ríos — Wikipédia), amena certains à demander une autre option celle de devenir un Etat fédéré, ce que les Etats-Unis refusèrent dans la mesure où l’île n’est pas anglophone, ni de souche européenne (blanche), en majorité pauvre (40 % taux de pauvreté), comme l’explique l’émission, disposant ainsi de nombreux points de similitudes avec la Nouvelle-Calédonie.

A ce titre demeure donc à l’heure actuelle un statu-quo institutionnel ne satisfaisant pas entièrement la population locale, où les Etats-Unis sous couvert d’autonomie continue en réalité à contrôler l’île sans partage, qu’elle estime sa propriété, pour ses intérêts au niveau régional et par peur d’immigration massive non contrôlé depuis les pays voisins hostiles à l’Amérique que sont Haïti, Cuba, …

Pour rappel, sur les 17 territoires non encore autonomes inscrits sur la liste de l’ONU, 10 demeurent sous tutelle du Royaume-Uni, 3 sous celle des USA, 2 sous celle de la France, 1 de la Nouvelle-Zélande et le dernier étant le cas particulier du Sahara occidentale (cf. Territoires non autonomes | Les Nations Unies et la décolonisation). Ce récapitulatif est d’autant plus important qu’il permet de comprendre la difficulté pour les indépendantistes kanaks de trouver des alliés à leur cause dans le rang des puissances occidentales et parmi leurs voisins du Pacifique car détenant tous encore au moins une colonie, les orientant potentiellement vers les pays des Brics+ ce qu’ils ne souhaitent pas afin de ne pas importer sur le sol calédonien de conflits afférents à la nouvelle guerre froide en cours, et éviter un désastre comme en Palestine. Les indépendantistes se retrouvant ainsi comme dans les années 1980 à nouveau seuls à tenter de grappiller auprès de l’État français des bribes d’autonomie, qui, pour ce dernier, se sentant en position de force ne lâchera évidemment rien, à l’instar des projets d’accord de Bougival et d’Elysée-Oudinot, à moins d’un éventuel retournement, pour l’heure peu probable mais pas impossible. Seul l’avenir le dira.

En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.

L’association APROFED