L’État persiste et signe

L’État persiste et signe
13 mai 2026

L’État persiste et signe

Bonjour à tous,

L’association APROFED revient à nouveau vers vous cette semaine suite au rejet du texte de Bougival par l’assemblée nationale sans même l’avoir étudié et aux nouvelles propositions faites par le gouvernement français afin d’avancer sur le dossier calédonien (cf. Réforme constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie : les députés rejettent le texte sans même l’étudier – Libération).

3 scenarii ont ainsi été mis sur la table (cf. Quels scénarios possibles après le rejet du projet de réforme constitutionnelle ? | Les Nouvelles Calédoniennes) :

– un dégel du corps électoral sans accord,

– une consultation directe des calédoniens sur le texte de Bougival,

– ou la tenue des élections provinciales avec le corps électoral gelé.

L’association s’étonne que l’État ait pu proposer les 2 premiers scénarios vu l’opposition des indépendantistes à ceux-ci et le risque de nouveaux troubles à l’approche notamment de la date d’anniversaire du début de l’insurrection de mai 2024.

C’est pourquoi, l’État a donc décidé une 4e option, à savoir dégeler partiellement le corps électoral aux « natifs calédoniens » via une loi organique et non une révision constitutionnelle comme l’avait suggéré le sénateur calédonien non indépendantiste, Georges Naturel, en 2025 ; proposition déjà rejetée à l’époque par l’ensemble de la classe politique locale. Les indépendantistes rappelant qu’ils ne seraient pas contre cette ouverture mais dans le cadre d’un accord global autrement dit donnant donnant.

Il convient de rappeler ici que l’intégration de nouvelles personnes au sein du corps électoral bien que jugée nécessaire pour les loyalistes s’avère contraire au droit international et aux règles fixées par l’ONU qui veulent que dans le cadre de territoires non autonomes en phase de décolonisation, la puissance administrante ne doit pas influer sur la composante démographique, notamment par de l’immigration massive au sein du territoire afin de rendre les populations locales minoritaires.

En dégelant même partiellement le corps électoral calédonien, c’est ce que l’État s’apprête à nouveau à faire.

L’association s’étonne que parmi les personnes que l’État compte intégrer soit présente près de 4 000 natifs dits de droit coutumier, autrement dit des kanaks. Ceux-ci devrait être pour nous de facto inscrit d’office. L’État rétorquant que c’est aux citoyens de faire les démarches en vue de pouvoir voter. Il apparaît ici encore une fois une manœuvre de l’État peu subtile de restreindre aux kanaks le droit de vote afin d’intégrer si ceux-ci le demandent les autres communautés en même temps.

L’association en vient à se demander si cette volonté de l’État de passer à nouveau en force plutôt que de renouer le dialogue ne viserait pas à redéclencher de nouveaux troubles en vue de pouvoir potentiellement instaurer un nouvel état d’urgence et ainsi reporter à nouveau les élections provinciales en 2027 afin de passer la dossier après les élections présidentielles au prochain gouvernement.

L’association s’étonne également des propos tenus lors de l’allocution du 1er ministre (cf. « Le statu quo n’est pas un destin » : Sébastien Lecornu appelle à « avancer » pour préserver le « chemin du destin commun » en Nouvelle-Calédonie), ce 8 mai, lequel annonce que les calédoniens seront consultés par référendum sur de nombreux sujets les concernant, mais pas sur leur avenir institutionnel. En effet, la solution visant à tenir une assemblée ou convention citoyenne visant à déterminer elle-même les pistes à emprunter pour son avenir a été jusqu’ici accaparés pour ne pas dire confisqués par les représentants politiques qui en 2 ans n’ont toujours pas trouvé de solutions.

Comment le pourraient-ils d’ailleurs quand la ministre des outremers déclare elle-même que l’accord de Kanaky, proposé par les indépendantistes, c’est l’indépendance et que donc l’État français s’y oppose. Si la France est présente en Nouvelle-Calédonie depuis 173 ans, il convient de rappeler qu’il lui aura fallu moins de 10 ans pour donner son « indépendance » au Royaume-Uni de la zone UE avec le Brexit.

Comment ne pas voir également que cet Etat est déloyal, quand il compte permettre l’installation de nouveaux arrivants en Nouvelle-Calédonie alors qu’il restreint par la même occasion l’arrivée de personnes à Mayotte (cf. Mayotte : une nouvelle restriction du droit du sol votée par le Parlement).

Ainsi, l’association estime pour les 50 de carrière du chanteur Renaud que sa chanson « Hexagone » parue en 1975, que vous pouvez retrouver au lien suivant : Renaud – Hexagone (Audio Officiel) – YouTube, est encore bien d’actualité malheureusement.

En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.

L’association APROFED