Les principales tendances du fédéralisme au 20e siècle
Bonjour à tous,
L’association APROFED revient vers vous cette semaine afin de vous relayer un article paru en 2003 de Ronald L Watts intitulé : les principales tendances du fédéralisme au 20e siècle, que vous pouvez retrouver au lien ci-dessous :
Les principales tendances du fédéralisme au XXe siècle | Cairn.info
Dans celui-ci on y apprend notamment que :
– Au cours du XXe siècle, 24 pays se sont organisés en systèmes politiques fédéraux
– Le succès de la solution fédérale a été particulièrement important entre 1945 et 1960 ainsi que lors la dernière décade (1990-2000)
– La première fédération moderne, les États-Unis, fondée en 1789, dont la longévité de fonctionnement est aujourd’hui la plus grande, a été créée au 18e siècle. La Suisse, en 1848, et le Canada, en 1867, lui ont emboîté le pas au 19e siècle. Ces trois fédérations continuent de fonctionner et figurent actuellement
parmi les régimes constitutionnels les plus stables dans le monde.
– C’est au cours du 20e siècle, notamment dans sa seconde moitié, que les régimes politiques fédéraux se sont véritablement multipliés. La fédération australienne fut la première à se mettre en place au début du siècle.
– Aujourd’hui, ces fédérations représentent ensemble 40 % de la population mondiale et quelque 480 unités constitutives ou États de fédérations.
– Avant 1949, l’attitude générale dénote un certain mépris pour une forme fédérale de gouvernement. Nombre de personnes, notamment en Europe, considéraient la fédération comme une forme de gouvernement national incomplète, comme un mode d’organisation politique transitoire, comme une concession – pas vraiment souhaitable mais nécessaire dans des cas exceptionnels – pour concilier les discordances politiques.
– en 1953, Max Beloff pouvait affirmer que l’idée fédérale jouissait d’“une popularité telle qu’elle était sans précédent”. Une raison de ce succès a été la grande prospérité qu’ont connu dans l’après-guerre les fédérations les plus anciennes telles que les États-Unis, la Suisse, le Canada et l’Australie.
– Le succès de l’idée fédérale après 1945 s’est aussi nourri des conditions qui ont accompagné le démembrement des empires coloniaux à cette époque. nouveaux états en route vers l’indépendance. tant les dirigeants politiques que les mouvements nationalistes d’indépendance et les administrateurs coloniaux trouvent dans la “solution fédérale” une formule populaire, qui offre un terrain commun aux tenants de la centralisation et de la décentralisation.
– la Seconde Guerre mondiale avait révélé les désastres engendrés par l’ultra-nationalisme,
– Les quinze années qui ont suivi 1945 se sont donc avérées être les années de l’apogée de l’idée fédérale. Tant dans les pays développés qu’en développement, la “solution fédérale” était perçue comme une manière de réconcilier deux motifs puissants et souvent antagoniques : le désir, d’une part, d’unités politiques plus grandes indispensables pour reconstruire un état moderne dynamique et efficace, et d’autre part, la quête de l’identité par des unités politiques autonomes plus réduites.
– le fédéralisme comme une forme libératrice et positive d’organisation politique.
– un regain d’intérêt pour le fédéralisme dans les années 90 ? Un facteur important a été la reconnaissance qu’une économie de plus en plus mondiale avait libéré des forces économiques et politiques qui ont affaibli l’État-Nation traditionnel. L’État-Nation s’avérait à la fois trop petit et trop grand pour exaucer les souhaits des citoyens
– Par ailleurs, dans leur indice annuel publié à la mi-20018 – évaluant plus de 160 pays – les Nations Unies font figurer quatre fédérations (Australie, Canada, Belgique et États-Unis) parmi les six premiers en matière de qualité de vie, suivies de très près par la Suisse et l’Allemagne.
– des études comparatives empiriques récentes soulignent que les régimes fédéraux se démarquent des états unitaires par la qualité de leur gouvernance et les résultats obtenus. Meilleurs résultats macroéconomiques tels que des taux de croissance plus élevés et des pressions inflationnistes plus faibles, et par une gouvernance plus authentiquement démocratique ainsi que par la stabilité politique.
– les régimes politiques fédéraux offrent une voie de concrétisation des avantages de l’unité et de la diversité
– l’efficacité d’un régime politique fédéral ne dépend pas seulement de sa structure constitutionnelle mais bien d’avantage de l’acceptation par le public de la culture politique du fédéralisme, de la nécessité d’apprécier la diversité et de promouvoir le respect mutuel, d’un sens d’appartenance à la communauté avec ses règles, du respect des normes constitutionnelles et d’un esprit de tolérance et de compromis
– l’inévitable interdépendance des différents gouvernements qui tissent un partenariat fédéral. L’interdépendance gouvernementale est le propre de tout régime politique fédéral
– le fédéralisme permet la promotion d’une coopération intergouvernementale qui n’étouffe pas l’autonomie
– Il n’y a pas de forme idéale universelle d’un modèle fédéral applicable partout. L’application de l’idée fédérale a connu de nombreuses variations.
– un certain nombre de fédérations inscrit dans leur constitution un statut et des compétences dévolues aux collectivités locales en tant que troisième niveau de gouvernement
– les fédérations ne sont jamais statiques mais doivent évoluer en permanence pour répondre aux besoins et aux environnements en mutation.
– le fédéralisme dans ce 21e siècle nécessitera un engagement renouvelé de chaque génération pour réaliser à nouveau l’équilibre fédéral adéquat entre unité et diversité
Vous pourrez constater qu’on y retrouve certains mots couramment utilisés dans le débat calédonien sur l’avenir du Territoire comme l’autonomie et l’interdépendance. La place des collectivités locales (communes) y est également abordé.
Le fédéralisme est ainsi la seule option permettant de répondre à ces attentes.
En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.
L’association APROFED
