Le projet d’accord de Kanaky et celui d’APROFED, pas si éloignés l’un de l’autre
Bonjour à tous,
Le projet d’accord de Kanaky et celui d’APROFED, pas si éloignés l’un de l’autre
L’association APROFED revient à nouveau vers vous cette semaine suite à la publication du projet d’accord de Kanaky (cf. Avenir de la Nouvelle-Calédonie : que dit “l’accord de Kanaky” proposé par le FLNKS ?).
Le texte aurait été adopté lors de la convention du FLNKS de Waho à Yaté, le 26 avril 2025.
A la lecture de celui-ci, l’association a ainsi pu noter un grand nombre d’éléments convergents avec son propre projet, d’ordre fédéral.
Ainsi, comme il est rappelé en page 1 et 2, l’objectif a toujours été depuis les années 80 de retrouver un statut d’autonomie interne spécifique et évolutif et non une indépendance sèche et abrupte. Il est même préciser qu’aux termes de l’Accord de Nouméa, l’État n’exerce plus que les compétences régaliennes. Malheureusement, l’État s’y est opposé, démontrant qu’il restait dans une logique coloniale (cf. p.5), amenant à une radicalisation de certains.
L’association se félicite de lire en page 4 au sein du paragraphe attrayant aux réussites de l’Accord de Nouméa, que ce dernier, d’origine fédérale rappelons le, a permis de sortir de décennies de tensions et de violences et a permis à la Nouvelle-Calédonie d’évoluer dans un climat de paix et de stabilité politique […] renforçant l’autonomie du pays tout en maintenant un lien avec la France.
Il est malheureux comme rappelé en page 5, que tous les partenaires n’ont pas joué le jeu jusqu’au bout. Certains ont agi pour bloquer les transferts de compétences, militant même pour une reprise en main de certaines de celles-ci par l’État. Il apparaît également que des difficultés persistent pour que les Océaniens et dans une moindre mesure les autres calédoniens, accèdent à des fonctions stratégiques localement, ce que note l’association ALDE-NC (cf. Association ALDENC ), amenant ainsi à nouveau le peuple kanak et l’État français à se retrouver face à face, en opposition comme c’est le cas depuis le début de la colonisation, impactant de facto de manière collatérale l’ensemble de la société sur place.
Comme mentionné en page 6, le projet d’accord de Kanaky prévoit que l’accès effectif de la Nouvelle-Calédonie au statut d’État souverain se fera au terme d’une période de transition, ce que prévoit également le projet APROFED avec une durée d’environ 30 ans (cf. Solution 1 : un Etat fédéré calédonien non souverain avec la France – APROFED). Durant cette phase institutionnelle transitoire, le projet de Kanaky vise à :
– mettre en place un dispositif, de type Assemblée Constituante, qui permettra aux citoyens calédoniens d’élaborer leur Constitution et les institutions du nouvel Etat, ce qui est également l’une de nos propositions (cf. Le fédéralisme via une assemblée constituante comme solution à la crise institutionnelle française – APROFED / Avis sur le document de synthèse de l’Etat et ébauche d’une Constitution calédonienne par l’IA – APROFED ),
– de préparer le transfert des compétences régaliennes (cf. Pour un Etat fédéré, il faut récupérer la compétence en matière de justice – APROFED),
– de procéder au transfert des autres compétences encore exercées par France (notamment les compétences de l’article 27), ce à quoi nous acquiesçons (cf. avec la France – APROFED).
La seule différence entre nos 2 projets portant sur le nombre de compétences régaliennes à récupérer dans la mesure où l’association ne souhaite pour sa part qu’un transfert de la justice et de la sécurité intérieure. Les relations extérieures (diplomatie) étant déjà exercées en partie par la Nouvelle-Calédonie à travers l’accord de Nouméa. La défense et la monnaie devant pour nous demeurer au sein du giron français du moins jusqu’en 2053.
Cette situation permettrait ainsi de retrouver pour le territoire son autonomie perdue dans les années 60/70 et d’accéder jusqu’à la date du bicentenaire de la prise de la possession de la Nouvelle-Calédonie par la France, à ce que nous appelons « la petite indépendance ».
Nous vous transmettons à nouveau ci-après le récapitulatif de notre projet ayant fait l’objet d’un article en mars 2025 : Rappel du projet de l’association – APROFED
En espérant que l’État en tienne compte à l’avenir, ce qui ne semble pas être le cas jusqu’à présent.
En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.
L’association APROFED
