Le pari risqué du PALIKA, de l’UPM et de l’Etat
Bonjour à tous,
L’association APROFED revient vers vous en ce début de semaine suite à l’annonce du retrait définitif de la part du PALIKA et de l’UPM du FLNKS (cf. Le Palika annonce son « retrait définitif du FLNKS » et Nouvelle-Calédonie : l’UPM quitte le FLNKS et soutient l’accord de Bougival pour une souveraineté clarifiée).
Alors que le l’UC-FLNKS maintient sa position quant au rejet du projet d’accord de Bougival signé en juillet de cette année avec l’Etat et les autres formations non indépendantistes du territoire, le PALIKA et l’UPM, composante de l’UNI, ont souhaité maintenir le fil du dialogue avec l’Etat, en espérant que le texte de Bougival puisse être amélioré (cf. Naïma Moutchou en Calédonie. Des attentes différentes pour les indépendantistes en bilatérales).
Si l’association continue de demander à ce que l’Etat puisse partager avec la Nouvelle-Calédonie les 2 compétences régaliennes que sont la Justice et la sécurité intérieure (police), il est fort à parier que notre demande comme celle du Palika et de l’UPM ne soient pas entendues par l’Etat qui n’a rien retenu de son histoire, notamment coloniale.
En effet, avec l’annonce faite par la nouvelle ministre des outremers de soumettre à la population calédonienne par référendum le projet d’accord de Bougival, pour ne pas dire le brouillon de Bougival, avant toute réforme constitutionnelle , il apparaît selon certains que cette stratégie vise à contourner pour ne pas dire exclure le FLNKS de la suite du processus de négociation sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. En ce faisant, l’Etat reproduit ainsi la même attitude qu’en Algérie, au Vietnam, ou au Vanuatu, à savoir diviser pour mieux régner. Il convient de noter que l’ensemble de ces territoires furent d’anciennes colonies françaises aujourd’hui tous indépendants, démontrant le peu d’efficacité de cette stratégie, pourtant à nouveau mise en œuvre par l’Etat pour la Nouvelle-Calédonie.
Ce choix risqué de la part de l’Etat comme titré dans le journal “Le Monde” (cf. Nouvelle-Calédonie : l’Etat fait le choix risqué d’une « consultation citoyenne anticipée ») vise surtout à faire endosser à la population le rôle d’arbitre, plutôt qu’à l’ONU ; population qui jusqu’à présent n’a eu que très peu de place dans le débat. Les représentants politiques soucieux de conserver la mainmise sur les décisions afin de justifier de leurs “utilité” et de leurs privilèges. Si l’Etat se souciait vraiment de la population calédonienne, il aurait très bien pu à la place de Bougival, organiser une marotte de la macronie, à savoir une convention citoyenne afin que la solution émane de la population elle-même et non de ses représentants extrémistes et inféodés pour certains à l’Etat, lui servant de paravent pour ne pas dire de paratonnerre, qui lui permettent ainsi de ne pas négocier en direct avec les indépendantistes, au risque de voir surgir du chapeau l’ONU ou un acteur régional (Australie, FIP, …) dans ce que la France estime être un problème interne.
Cette volonté de passer par une consultation citoyenne dénote malheureusement pour le PALIKA et l’UPM que l’Etat ne compte pas, du moins jusqu’au mois de février, date de la consultation, amender le texte de Bougival, 7 mois pourtant après la rédaction de celui-ci. Or, à l’instar de la 3e consultation pour l’autodétermination de la NC, l’association s’attend a minima à un fort taux d’abstention voir un boycott de celui-ci par les indépendantistes.
Il convient de rappeler que les évènements de la grotte d’Ouvéa dans les années 1980 avaient eu lieu au mois d’avril et mai.
Il convient également de mentionner qu’après cette consultation interviendront les élections municipales qui en cas de passage en force de la part de l’Etat avec la consultation de février risque de coûter cher au Palika et à l’UPM qui ne disposent que de seulement 5à 6 communes pour l’heure et que la présidence de l’assemblée de la province Nord ne leur revient que par respect vis-à-vis de son dirigeant actuel qui fut l’un des signataires des accords de Matignon et Nouméa et à l’origine du géant minier KNS peu soutenu par l’Etat.
A la vue de l’ensemble de ces éléments, si aucune autre compétence régalienne ne venait à être ajoutée au texte de Bougival d’ici la consultation de février, l’association n’aurait d’autres choix que d’appeler ses lecteurs et sympathisants à s’abstenir.
L’objectif d’une consultation citoyenne (référendum) aurait dû être pour l’association de soumettre à la population un statut d’Etat de la Nouvelle-Calédonie avec une Constitution (loi fondamentale) afférente. Le morcellement par l’Etat français de ces 2 notions amène à penser, outre un certain amateurisme de la part de celui-ci, une volonté en réalité de faire en sorte que ces 2 notions ne voient jamais le jour. Un blocage par l’assemblée nationale voir par le Conseil constitutionnel n’étant pas exclu.
Si un nouveau passage en force de l’Etat venait ainsi à avoir lieu amenant à de nouveaux troubles, cela démontrerait ainsi formellement que l’Etat français ne soucie guère non seulement de ses propres forces de l’ordre, comme dans les années 1980, qui continue à être blessés en Nouvelle-Calédonie mais également des personnes civils non indépendantistes qui risquent à nouveaux de perdre leurs biens, leurs patrimoines, leurs entreprises, les économies de toute une vie pour assouvir une posture de prestige et de supériorité tant au niveau national qu’international, d’une France d’un autre temps, que les français eux-mêmes ne veulent plus.
En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.
L’association APROFED
