Le fédéralisme, un acte de résistance

Le fédéralisme, un acte de résistance
15 septembre 2025

Le fédéralisme, un acte de résistance

Bonjour à tous,

Déjà évoqué dans un précédent article en date du 10 juillet 2025 avec René Capitant (cf. René Capitant, le gaulliste en faveur d’une Constitution fédérale – APROFED), l’association APROFED revient vers vous cette semaine afin d’évoquer le lien entre le fédéralisme et la Résistance.

En effet, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, une partie importante des résistants français (et européens) se montra favorable à l’idée d’un régime fédéral, tant pour la France que pour l’Europe, pour plusieurs raisons historiques, politiques et idéologiques.

La guerre avait été provoquée en grande partie par les nationalismes agressifs, notamment celui de l’Allemagne nazie, mais aussi par l’échec des États à coopérer efficacement après la Première Guerre mondiale. De nombreux résistants voulaient éviter que ces excès ne se reproduisent. Le fédéralisme, avec sa logique de coopération, de partage de souveraineté et d’équilibre des pouvoirs, apparaissait comme un antidote au nationalisme destructeur.

Les résistants avaient vu l’horreur de l’occupation, des déportations, des combats. Beaucoup pensaient qu’un système fédéral permettrait une paix durable en intégrant les nations dans une structure commune, réduisant ainsi les risques de guerre. L’idée d’une « Europe unie » ou « États-Unis d’Europe » émerge fortement après la guerre, notamment chez des figures comme Altiero Spinelli (italien, auteur du Manifeste de Ventotene en 1941), Jean Monnet ou Denis de Rougemont.

Une bonne partie de la Résistance (en France comme ailleurs) était marquée par des idéaux de gauche, de solidarité, de justice sociale, et parfois de fédéralisme. Le fédéralisme représentait un système plus démocratique, où le pouvoir était décentralisé, mieux réparti entre les citoyens et les territoires.

Certains résistants critiquaient aussi le modèle centralisé de l’État français, perçu comme trop rigide, hiérarchique, voire autoritaire. Ils voyaient dans le fédéralisme français (c’est-à-dire une France organisée en régions autonomes) un moyen de mieux représenter les réalités locales, tout en renforçant la démocratie.

Les Alliés, en particulier les États-Unis, représentaient un modèle fédéral fonctionnel (avec une union d’États), et jouaient un rôle moteur dans la reconstruction de l’Europe. Cela a encouragé l’idée que l’Europe pouvait s’inspirer de ce modèle pour assurer la paix, la prospérité et la stabilité.

Le Programme du Conseil national de la Résistance (CNR) de 1944 contenait une volonté de reconstruction sociale, démocratique et coopérative. Plusieurs anciens résistants, comme Jean Monnet ou Henri Frenay, ont ensuite participé à la création des institutions européennes (CECA, puis CEE…).

Pour résumé, les résistants étaient majoritairement favorables à un régime fédéral parce qu’ils voulaient construire une paix durable, empêcher le retour du nationalisme, renforcer la démocratie, et mettre en place une Europe unie mais diverse, à l’image d’une fédération.

Et comme le rappel, Stéphane Hessel, ancien résistant (cf. Ouvrage de Stéphane Hessel : Indignez-vous ! – APROFED), “créer c’est résister et résister c’est créer”. Face à la défaillance du pouvoir actuelle suscitant de nombreux mouvements de contestations, voir de résistance, il est temps selon nous de créer quelque chose de nouveau qui se nomme fédéralisme, comme le demande 71% des français (cf. 71% des français favorables à ce que la France devienne fédérale – APROFED).

En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.

L’association APROFED