La relation France-Calédonie : un mariage forcée pour lequel l’Etat ne souhaite pas divorcer
Bonjour à tous,
L’association APROFED revient vers vous cette semaine sur un aspect déjà abordé lors d’un précédent article au mois de février de cette année (cf. Quels outils pour une médiation afin de sortir de la crise? – APROFED) concernant la situation de la Nouvelle-Calédonie.
Pour rappel, nous qualifions dans cet article la situation du pays à celle d’un divorce. Papa TEIN (les indépendantistes) ne souhaitant plus vivre avec maman MARIANNE (l’Etat français). Les accords de Matignon-Oudinot et de Nouméa équivalant, pour ceux ayant déjà vécu ce type de procédure, à des ordonnances de non conciliation. Pour résumé, une ordonnance de non conciliation équivaut tout simplement à un acte juridique émanant du juge aux affaires familiales par lequel ce dernier constate que les époux n’ont pas réussi à se concilier et souhaitent divorcer. Elles fixent également les mesures provisoires jusqu’au prononcé du divorce, à savoir la résidence séparée des époux et si besoin le montant de la pension alimentaire.
Dans le cas de figure de ce dossier, le premier souci étant que maman Marianne se trouve être également la juge aux affaires familiales. L’Etat étant ainsi juge et partie. Face à cette partialité, papa Tein pourrait saisir le Conseil supérieur de la magistrature équivalant ici à l’ONU. La problématique étant là encore que maman Marianne se trouve être l’un des membres permanents de son conseil de sécurité.
Face à cette situation et comme le suggère la plupart des psychologues face à une situation de conflits, si le dialogue n’est plus possible et qu’aucune médiation via une tierce partie est également impossible alors ne reste plus que l’option du départ. Il n’est donc ainsi pas étonnant d’avoir pu entendre et voir durant l’insurrection de mai 2024 des slogans demandant le départ de l’Etat français de Nouvelle-Calédonie.
Or, l’Etat français ne souhaite pas se séparer de la Nouvelle-Calédonie obligeant dès lors les kanak à rester en indivision, ce qui est contraire à la loi. En effet, dans le cadre d’une séparation, 4 options peuvent être adoptées par les parties : l’indivision, la séparation par consentement mutuel, ce que souhaite les indépendantistes, ou celle pour faute en cas d’échec de la précédente ou l’option hors procédure qui arrive malheureusement bien trop souvent dans le cas de divorce, à savoir l’acte de violence. L’insurrection du 13 mai 2024 étant de cet ordre là. La question étant de savoir si celui-ci sera répété.
Il convient également de rappeler comme mentionné dans notre article du 15 août 2024 (cf. Carte des peuples au niveau mondial – APROFED) que si l’Etat a en effet permis un développement en Nouvelle-Calédonie, celui-ci s’est fait sur un terrain qui ne lui appartenait pas.
Il n’est dès lors pas étonnant que le vol, le viol, l’acte de squatter soient si mal réprimés en France dans la mesure où on niveau institutionnel, l’Etat français a fait de même lors de la colonisation et continue à le perpétuer en dehors de toutes règles internationales quelles a elle même signé.
Il convient pour conclure qu’aucune partie souhaitant divorcer ne peut obliger l’autre à rester marier sous le régime de l’indivision. Le projet d’accord de consentement mutuel de Bougival ayant été rejeté et que la France considérant la situation calédonienne comme un problème interne, refusant ainsi toute médiation extérieure de la part de l’ONU ou du FIP, l’association craint que nous nous dirigions à nouveau vers un acte dramatique prochainement comme il y a quarante ans pour Ouvéa. La France étant prête à sacrifier semble-t-il de nouveaux ces compatriotes, civils et/ou gendarmes, pour conserver à tout prix la mainmise sur un territoire dont elle en a fait l’acquisition illégalement, il y a 172 ans.
Il convient de noter également que même obtenant le divorce (l’indépendance), les kanak risquent de subir des violences post-séparation de la part de la France, de type manipulation, surveillance, violence économique et appauvrissement volontaire, … comme cela a pu être le cas pour les anciennes colonies notamment africaines, avec le fameux Françafrique. C’est d’ailleurs pour cela que l’association propose au travers de sa solution n°2, son intégration au sein des Etats-Unis d’Océanie, avec l’ensemble des pays de la zone pacifique.
En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.
L’association APROFED
