La France : un Etat schizophrène ?

La France : un Etat schizophrène ?
20 février 2026

La France : un Etat schizophrène ?

Bonjour à tous,

L’association APROFED revient vers vous en cette fin de semaine afin de vous faire suivre un article paru en ce mois de février intitulé – UE : Macron valide un saut fédéral immédiat avec 5 autres pays (cf. UE : Macron valide un saut fédéral immédiat avec 5 autres pays, par Elise Rochefort).

On y apprend que lors d’un séminaire informel tenu au château d’Alden-Biesen, a été officiellement ouvert la porte d’une Europe à 2 vitesses, face à la lenteur des décisions devant être prises à 27. L’idée étant de créer un noyau dur capable de prendre des décisions sans attendre l’unanimité des 27, notamment en matière de défense, de politique étrangère, 2 compétences d’ordre régaliennes.

L’Allemagne étant moteur dans la démarche suivie par l’Italie, l’Espagne, la Pologne, les Pays-Bas et la France.

Le président Macron ayant même fixé une date butoir à ce projet, au mois de juin 2026, au-delà de laquelle si aucun n’était fait, les Etats volontaires avanceront seuls. Reste à savoir si la France en fera partie où si une fois encore elle ne fera pas marche arrière prétextant n’avoir pas de majorité au sein de son parlement et ainsi intégrer ce projet pour mieux le noyauter et l’amener à échouer comme a pu déjà le faire la France dans les années 50 du temps du Gal de Gaulle (cf. Quand la France est un frein à la transformation fédérale de l’UE – APROFED).

Espérant que les autres pays avanceront dans ce cas sans elle comme nous l’avons déjà suggéré (cf. Le statut sui generis de l’UE, un statut voulu par la France qui doit évoluer – APROFED).

Or, si la France s’oriente vers un fédéralisme européen, qu’on se le dise par intérêt, en vue de placer son industrie de la défense et de tenter de mutualiser sa dette devenue incontrôlable, l’association observe qu’elle refuse encore et toujours ce concept pourtant sollicité par sa population et ses régions (cf. 71% des français favorables à ce que la France devienne fédérale – APROFED).

L’exemple de la Nouvelle-Calédonie en est le parfait exemple. Fonctionnant déjà partiellement de manière fédérale, grâce aux accords de Matignon-Oudinot et de Nouméa, l’État central n’est semble-t-il toujours pas prêt à finaliser ce processus si ce n’est là encore à ses conditions et pour ses propres intérêts.

Si en effet, les projets d’accords de Bougival et d’Elysée-Oudinot visent à élever la Nouvelle-Calédonie au rang d’État, dotée de sa propre loi fondamentale (Constitution), partageant avec celle-ci une compétence régalienne qu’est la diplomatie, il apparaît que l’ensemble de ces avancées se fassent selon les conditions exclusives de l’État et sous son total contrôle, avec un partage à la marge des compétences régaliennes, une Constitution vidée de sa substance par une loi organique spéciale et risquant potentiellement de ne pas voir le jour et enfin un Etat de la Nouvelle-Calédonie cantonné à un statut sui generis pouvant s’avérer une coquille vide après son passage par le Conseil Constitutionnel.

Ainsi, aussi bien pour la Nouvelle-Calédonie que l’Union européenne, la France fait mine d’appliquer la notion de fédéralisme pour en réalité la brider au maximum afin qu’elle ne s’applique pas. Paris voulant rester seul maître des décisions et des horloges. En espérant que les autres Etats cités ci-avant ayant composés pendant des siècles le Saint Empire romain germanique et fonctionnés sous un modèle fédéral ne se laisse pas encore une fois de plus dictés leur avenir par cet Etat français schizophrène, anxieux quant à son avenir (et surtout la perte de son prestige passé), méfiant vis-à-vis des autres et voulant ainsi toujours tout contrôler.

En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.

L’association APROFED