Des fédérations en cours de création

Des fédérations en cours de création
25 novembre 2025

Des fédérations en cours de création

Bonjour à tous,

L’association APROFED revient vers vous cette semaine afin de vous présenter certaines initiatives au niveau mondial de regroupement d’Etats en cours sous la forme de confédération ou fédération.

Outre l’Union européenne qui n’a toujours pas finalisé sa transformation en fédération à part entière, demeurant au stade de confédération depuis la fin de la 2nd guerre mondiale, de nombreux Etats de par le monde souhaitent également tenter l’expérience du fédéralisme.

Citons par exemple, la Ligue arabe (cf. Ligue arabe — Wikipédia) ou l’Union du Maghreb Arabe (cf. Union du Maghreb arabe — Wikipédia) pour les Etats du Nord de l’Afrique et du Moyen Orient, de langue arabe et à majorité musulmane qui fut créé pour la première dès 1945 contre notamment l’ingérence des puissances coloniales européennes dans la région, en l’occurrence la France et le Royaume-Uni. La Ligue, composée d’une vingtaine d’Etats, vise à affirmer l’unité de la “nation” arabe. Elle fondera en 1976, le Fonds Monétaire Arabe (FMA), en vue de promouvoir l’utilisation du dinar arabe et potentiellement créé une monnaie unique (cf. Fonds monétaire arabe — Wikipédia). L’UMA pour sa part fondée en 1989, entre l’Algérie, la Lybie, le Maroc, la Tunisie et la Mauritanie, avait pour objectif de créer des rapports de fraternité entre les Etats membres et faciliter la libre circulation des biens et des personnes. Bien que toujours effective toutes les deux, l’UMA a connu très tôt des tensions, liées aux désaccords entre chacun des pays. Le Conseil de ses chefs d’Etats ne s’étant plus réuni depuis 1994.

Toujours sur le continent africain, 2 autres projets sont à mentionner. Le premier étant la Fédération d’Afrique de l’Est (cf. Fédération d’Afrique de l’Est — Wikipédia) qui succèderait à l’actuelle Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et qui consisterait à fusionner 8 pays africains en un seul Etat souverain. En 2010, la CAE lance son marché commun pour les biens, le travail et les capitaux dans la région. Une monnaie commune, le shilling Est-Africain devant voir le jour en 2012, la fédération 3 ans après. En 2023, malheureusement, ni l’union monétaire, ni l’union politique n’a encore eu lieu. En septembre 2018, un comité est néanmoins formé pour entamer le processus de rédaction d’une Constitution.

Le deuxième étant la confédération des Etats du Sahel (cf. Alliance des États du Sahel — Wikipédia ), fondée en 2023, dans un premier temps afin de contrer d’éventuelles menaces armées venant de l’extérieur. Bien qu’un premier projet de fédération, présenté par le 1er ministre du Burkina-Faso, périclite en février 2023, le dirigeant du Niger annonce en août 2024, la formation à venir d’une fédération, avec la création d’une banque d’investissement, d’un passeport biométrique, et d’une chaîne de télévision commune. Une monnaie commune appelée Sahel, est également envisagée afin de remplacer le FCFA, faisant référence à l’ancienne puissance coloniale qu’est la France. En février 2025, un drapeau représentant l’alliance est dévoilé. Un hymne officiel de la confédération est également créé en mai 2025.  La confédération décide d’instaurer un droit de douane commun sur les importations venant de pays non-membres de la confédération de l’alliance des états du Sahel.

65 ans après l’histoire semble offrir une seconde chance aux pays du sahel comme le souligne le Journal du Mali avec sont titre : Fédéralisme, l’espoir ravivé (cf. JDM-543-light.pdf).

Un 6e exemple cette fois-ci en Amérique latine est à présenter. Il s’agit là de l’UNASUR ou Union des nations sud-américaines (cf. Union des nations sud-américaines — Wikipédia). Crée en 2004 par 12 Etats sur le modèle européen, cette union vise à réunir 2 zones de libres échanges que sont le Mercosur et la Communauté andine, même si à l’origine sont objectif premier est de contourner l’Organisation des Etats Américains dont les Etats-Unis font parties. Les dirigeants ont annoncé leur intention de modeler la nouvelle communauté sur l’exemple de l’UE, avec notamment la mise en place d’un Parlement, d’une citoyenneté, d’un passeport commun et à terme d’une monnaie commune d’ici 2020. Le traité constitutif de l’UNASUR a été signé le 23 mai 2008 lors du troisième sommet des chefs d’État qui s’est tenu à Brasilia (Brésil). Le traité constitutif prévoit l’installation du siège de l’Union à Quito (Équateur). Le Parlement sud-américain devrait être installé à Cochabamba (Bolivie), tandis que le siège de la banque, la Banque du Sud, se trouverait à Caracas, au Venezuela. Le 24 octobre 2011, l’Union des Nations sud-américaines obtint le statut de membre observateur à l’Assemblée générale de l’ONU.

Cependant, en avril 2018, l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Paraguay et le Pérou ont décidé de suspendre leur participation à UNASUR pour une durée indéterminée, faute de « résultats concrets garantissant le bon fonctionnement de l’organisation ». Trois pays ont annoncé leur retrait définitif. Certains y voyant la main à peine voilée des Etats-Unis afin de conserver la mainmise dans la région. Il en va de même pour la France au niveau des pays africains, comme le rappel les articles ci-dessous :

Etat fédéral en Afrique : Pourquoi le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso et le Bénin ont-ils échoué à créer une fédération au moment de leur indépendance ? – BBC News Afrique

Crise de l’UNASUR : l’intégration régionale sabordée une fois de plus (Oscar Ugarteche, Armando Negrete/ Barril Infos) – FRANCE AMERIQUE LATINE

AMÉRIQUE DU SUD – Qu’est-il arrivé à l’UNASUR ? – AlterInfos – DIAL

Géopolitiquement vôtre #5 – Le bilan de l’UNASUR – Major Prépa

L’Union des nations sud-américaines a perdu plus de la moitié de ses membres

Ainsi, si de nombreux projets de fédération sont à l’œuvre encore faut-il qu’ils arrivent à transcender l’idéologie de l’Etat-nation mise en place par les anciennes puissances coloniales et à résister encore et toujours à celles-ci qui souhaitent garder leurs hégémonies impérialistes passées sur des territoires qu’elles estimaient être leur propriété.

Il n’est dès lors pas surprenant de constater qu’à l’annonce de la création de la majeure partie de ces futures fédérations apparaissent comme par hasard des conflits régionaux internes à celle-ci afin sûrement d’éviter qu’elles ne mettre en œuvre leurs projets.

L’association constate également que l’origine de ces différents projets de fédérations s’inscrit de manière analogue à celle qu’ont pu connaitre des pays comme les Etats-Unis, le Canada, … à savoir se réunir contre un éventuel agresseur extérieur. Les Etats-Unis contre l’empire colonial anglais, le Canada contre les Etats-Unis, …

L’association se félicite de noter que l’ensemble de ces Etats ont intégré l’adage, l’union fait la force et d’observer qu’aujourd’hui la majorité des puissances économiques au niveau planétaire sont des fédérations.

Concernant l’UNASUR, il semblerait que la situation se soit améliorée depuis 2023 avec le retour de certains pays d’Amérique du sud au sein de l’union (cf. L’Unasur renaît de ses cendres : un nouvel élan pour l’intégration sud-américaine ? – L’Humanité).

Si le FMI appelle l’UE à avancer récemment vers les Etats-Unis d’Europe (cf. « Une croissance lente et médiocre »: le FMI constate que les Européens gagnent moins que les Américains et appelle l’UE à avancer vers les « Etats-Unis d’Europe »), l’association renouvelle son appel pour sa part auprès des différents Etats insulaires du pacifique à avancer vers les Etats-Unis d’Océanie (cf. sans la France – APROFED).

L’association renouvelle également son vœu de voir l’ONU se réformer (cf. ONU : une institution à réformer sur le modèle fédéral – APROFED) en vue d’accueillir de nouvelles fédérations au sein de son conseil de sécurité en guise de membre permanent en vue de créer un nouvel ordre mondial à terme autour de 15 fédérations à l’échelon mondial de taille plus ou moins équivalente afin de répondre aux défis urgents notamment climatiques qui impacte l’humanité de plus en plus violemment.

Il convient ici de rappeler que sur les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, 2 sont des fédérations (Russie, USA) et 2 autres évoluent vers cette notion avec le Royaume-Uni, décrit comme un Etat hybride quasi-fédéral et la France représentant l’UE, actuellement une confédération devant à terme devenir une fédération à part entière.

En vous souhaitant une bonne lecture et en vous rappelant que le fédéralisme est la seule solution pour concilier l’unité dans la diversité.

L’association APROFED